Les outils

Les outils du Charpentier de Marine ont pour la plupart été inventés dès la préhistoire. Après cela ils n’ont subi que quelques améliorations durant l’antiquité et le Moyen Age essentiellement dues à la qualité des matériaux utilisés pour leur fabrication.

J’en veux pour preuve les herminettes les doloires et les haches, que peu de personnes savent encore manier correctement. Les experts aussi curieux que cela puisse paraître vivent certainement dans quelques tribus isolées du bassin du fleuve Sépik en Papouasie Nouvelle-Guinée ou bien encore en Afrique Noire.

Les ciseaux à bois des Gaulois ne diffèrent que très peu de ceux que nous utilisons aujourd’hui. Tout comme nos marteaux, maillets et pinces. La panoplie des outils des charpentiers de Marine de Guillaume le Conquérant figurant sur la tapisserie de Bayeux ressemble étrangement à la nôtre. Plus tard, vers la fin du moyen age, il y eu des essais de machines pour rendre les tâches moins contraignantes. Le tour à bois et des perceuses furent inventés. Seulement les moteurs n’étaient pas encore électriques.

Il existe d’autres outils caractéristiques que le Charpentier de Marine utilise, mais qui ne sont pas réellement les siens à l’origine. Ils le sont devenus par la force des choses car la corporation qui les utilisait a complètement disparue. Je veux parler des ouvriers « calfats » chargés de l’étanchéité des navires. Ils travaillaient avec un maillet spécial, dit « maillet à calfater » et des « fers à calfater » de toutes tailles et formes pour pousser l’étoupe entre les bordages et rendre ainsi la coque et le pont imperméables. C’est le charpentier de Marine qui est maintenant dépositaire de son savoir.

C’est avec l’apparition des machines-outils à bois que certaines valeurs ont été perdues afin de privilégier le rendement et l’expansion économique. Les hommes qui travaillaient autrefois en harmonie avec la nature ont oublié d’où ils venaient et ce qui les faisaient vivre. La rentabilité leur a fait perdre leur talent et des savoir-faire ont disparu à jamais.

De nos jours le Charpentier de Marine utilise bien sûr des machines, mais il travaille encore beaucoup avec des outils à main car certaines pièces ne peuvent être fabriquées autrement.
Cette façon de travailler tend malheureusement à disparaître à cause des coûts de main d’œuvre excessifs que cela entraîne. Fort heureusement certaines personnes connaissent encore la valeur des choses et savent reconnaître une pièce unique d’une pièce de série. Nous les en remercions vivement car c’est grâce à elles seules et à leur goût de l’authenticité que notre profession peut encore exercer son art. Nous sommes le dernier rempart à la médiocrité qui est en train de corrompre l’humanité, gardien d’un savoir qui a fait la grandeur des peuples comme les Polynésiens, les Sumériens, les Egyptiens, les Phéniciens, les Chinois, les Etrusques, les Celtes, et les Vikings.

« Chaque homme est une sentinelle, et chaque sentinelle responsable de l’empire tout entier. »
Saint-Exupéry.

 

Les matériaux utilisés

De la même manière que les outils, les matériaux que nous utilisons remontent pour la plupart à des temps primitifs. Pourquoi cela ? C’est très simple, c’est parce qu’ils sont quasiment tous d’origine naturelle ou très peu transformés.

Le bois (provenant de forêts gérées), le chanvre, le mastic à base de talc, l’huile de lin, le suif, le brai (très rarement), le cuivre, le plomb, le bronze.

Il devient difficile de nos jours de se procurer certains de ces produits. Les scieries capables de débiter du bois en forme sont quasiment inexistantes en France, les fabricants d’étoupes et les fondeurs de pièces uniques en bronze ne se trouvent pratiquement qu’outre-manche. Le petit réseau de fournisseurs qui reste est très actif et fait preuve de beaucoup de solidarité.

Pour palier à ce type de problèmes, dans certains cas il est possible d’utiliser des objets de facture moderne, comme toute la visserie et la boulonnerie en acier inoxydable, les contreplaqués marins et les résines de collages. Parfois aussi l’utilisation de la fibre de verre ou du carbone peut être tout à fait justifiée.

De temps en temps des industriels innovent et savent exploiter les manques. Il existe ainsi des cordages de très bonne qualité, de fabrication moderne, ayant l’aspect de l’ancien. Il en va de même pour les toiles à voiles.

Pour le moment rien n’a réellement pu remplacer « le bois d’arbre » à part peut-être quelque pièces en lamellé-collé que peu de Charpentier de Marine se risquent à réaliser.

 

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